Le DPE est un outil central dans le domaine du BTP en France. Il connaîtra dès 2026 un tournant important. Le 9 juillet 2025, le Premier ministre François Bayrou a officialisé la révision du coefficient de conversion de l’électricité (CEP), un paramètre clé dans le calcul du DPE. Cette évolution, très attendue par les acteurs du logement, entrera en vigueur le 1er janvier 2026.
Concrètement, le coefficient d’énergie primaire de l’électricité, actuellement fixé à 2,3, sera abaissé à 1,9. Ce changement vise à mieux refléter le mix énergétique français, marqué par une forte part de production décarbonée (notamment nucléaire), et à corriger une inégalité qui défavorisait jusqu’ici les logements chauffés à l’électricité. Jusqu’à présent, même des habitations rénovées restaient mal classées en raison de ce facteur de conversion jugé trop pénalisant. Selon Matignon, ce changement permettra à 850 000 logements de sortir du statut de passoires énergétiques, en majorité des logements chauffés électriquement. Cela allège également la pression sur les propriétaires bailleurs, certains étant menacés d’interdiction de louer à cause de seuils DPE très stricts.
Pour le gouvernement, cette réforme envoie un signal clair en faveur d’une électrification des usages et d’un DPE plus équitable. Mais cette décision relance aussi les critiques sur la stabilité du DPE, régulièrement modifié depuis sa refonte en 2021. Professionnels du diagnostic et particuliers devront une nouvelle fois s’adapter. Beaucoup s’interrogent déjà sur la valeur des DPE réalisés avant 2026, et sur l’intérêt de retarder certaines ventes ou audits énergétiques dans l’attente du nouveau mode de calcul. Reste à voir si cette réforme suffira à rétablir la confiance dans un outil essentiel à la transition énergétique, mais encore largement perfectible dans sa mise en œuvre.